lundi 6 février 2012
Et plus si affinités
Ce blog restera actif mais tout son contenu est parti s'installer sur
lepetitchose38.wordpress.com
pour retrouver des camarades, comme les photos du jour de mon tumblr.
En espérant vous retrouver là-bas.
jeudi 27 octobre 2011
Mourir à perdre la raison
Ce soir, de jeunes gens m'ont parlé de Christ, de photos, de leur maman, d'excréments, de théâtre, de philosophie, d'art, de ma maman, de prière, de Marie, d'honneur, de guerre, de paix, de respect, d'ordre, de défense, de christianophobie.
Ce soir, j'ai parlé à des jeunes gens du christ, de photos, de ma maman, de leur papa, de vieux, de théâtre, de symbole, de paix, de guerre, de vieillesse, d'incontinence, de louange, de mort, de Dieu, d'amour.
Ce soir, de jeunes gens ont beaucoup insisté sur l'exemple des martyrs, citant à souhait les premiers chrétiens mourant la louange haute, la foi en étendard et la vérité de leur côté. Dans leurs yeux, l'admiration. Dans leur ton, la fascination.

C'est uniquement ce que je retiens de cette rencontre du troisième type avec des personnes qui mènent un combat que je ne partage, qui professent une façon de vivre la foi catholique que je ne partage, qui agissent d'une manière que je ne cautionne pas. Bref, des personnes qui me hérissent le poil mais qui ont été, ce soir, un joli test à ma patience et à ma volonté de dialogue envers et avec tous.
Car au final, entre les lignes - dites avec calme et les oreilles fermées - s'est dessinée sous mes yeux la vision qui anime cette « jeunesse » engagée, amoureuse du Christ et dévouée à sa cause. Comme une envie de prouver qu'ils peuvent faire aussi bien que leurs aînés (très très lointain quand même), d'être cette minorité qui a dû endurer la petitesse sans faillir avant de conquérir le monde, d'éclabousser les yeux de leurs concitoyens de la pureté de leur Vérité.
Comme une envie de pouvoir mourir pour leur Dieu. Plutôt que de devoir vivre avec Lui, avec Ses détracteurs, avec les « ennemis », avec les pas-contents… Le fantasme ultime. Devenir Saint. Avec les moyens qu'ils pensent que ces derniers ont utilisés.
Dernier détail. Ces jeunes gens aimaient tant citer Matthieu : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. » Et la suite ? « Oui, elle est importante mais… » Sauf qu'il n'y a pas de mais qui tiennent. La suite c'est « Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Si jamais l'un de ces jeunes gens s'attardent ici, j'espère qu'il ira jusqu'à lire la définition mise en lien. Parce que je ne suis pas sûre qu’ils se hurleraient sur eux-mêmes des bouououh menaçants, qu’ils se jetteraient de l’huile de vidange dessus, qu’ils se tapisseraient le manteau d’œuf.
Ah oui : pas la peine de revenir sur les débats « l'art peut-il tout se permettre », « les chrétiens de France sont-ils persécutés », « comment puis-je laisser mon Dieu souillé ainsi », « que répondre quand on se sent attaqués », « faut-il défendre l'honneur du Christ », « les bisounours sont-ils les nouveaux hipsters de Jésus »… D'autres ont été bien meilleurs que moi sur cela.
vendredi 7 octobre 2011
Tu m'fais pas peur d'abord
Ce week-end, les États généraux du christianisme nous poussent à nous interroger. Avec ces nombreux débats, La Vie nous questionne « Faut-il avoir peur ? » Peur de quoi, peur de qui ?
Samedi après-midi, l’une des rencontres se fait plus précise dans un domaine particulièrement en vogue avec l’arrivée des élections : « Faut il craindre la montée des populismes ? »
C’est d’autant plus intéressant qu’au même moment, à quelques centaines de mètres de l’université de la Catho de Lille où se tient l’événement, doit avoir lieu une manifestation officiellement pour « la défense de nos emplois, de notre avenir, de notre pays ».
Le problème c’est que cet événement est organisé par des groupuscules d’extrême droite, dont Troisième Voie et le Front Comtois. « Je ne peux pas être à droite, ou à l'extrême d'une droite que je combats », disait Serge Ayoub cette semaine dans les colonnes de Nord Eclair. Il est alors important de se rappeler qu'il reste connu pour ses exploits de skinheads dans les années 1980.
Quant au Front comtois, leur président passera devant le tribunal le 8 décembre pour provocation à la haine et à la discrimination raciale. C’est une plainte de diverses associations des Droits de l’Homme qui l’amène ici, choquée par des affiches du groupe proclamant « Ici c’est la Comté, pas Alger ».
Au hasard de leur blog (je ne mets évidemment pas de lien...), on peut découvrir Ratko Mladic, le « boucher des Balkans » inculpé de crime contre l’humanité, érigé en « patriote s’étant battu contre l’invasion islamique ».
Bien à propos donc ce débat sur les populismes dont le visage sera dans la rue voisine. Que répondre en tant que chrétien ? Marcher à la suite des dizaines d’organisations des Droits de l’Homme et d’extrême gauche qui feront une contre manifestation ?
Un autre débat apporte une réponse alternative à cette action pourtant utile, en se demandant « Le christianisme peut-il contribuer à un environnement pacifique ? ». La deuxième réponse (la meilleure ?) se lit dans la dernière soirée des États généraux : la projection d’un film sur Joseph Wresinski, le prêtre insoumis qui voulait non pas combattre la misère mais la détruire (superbe documentaire diffusé sur France 3 le 18 octobre). Car c’est bien le terreau de ce populisme.
Et c’est là que le combat prend toute son importance pour nous chrétiens, avoir le courage de se mettre à terre avec le plus petit pour l’accompagner dans sa montée. La Vie ne l’a d’ailleurs pas oublié de son programme, avec un autre débat : « Le courage, une vertu évangélique ».
Ce texte a été écrit pour la chronique Blog-notes sur Radio Notre Dame, que l'on peut réécouter ici.
mardi 12 juillet 2011
Donner la paix ou repartir avec
Pourtant les falaises abruptes font s'effacer les restes d'alcool de mon sang.Les voitures s'entassent sur la dizaine de places sur le parvis. Les murs nus beige, les quatre statues au style douteux, la petite porte qui mène à la salle de caté... Rien n'a changé. L'église est fraiche malgré le soleil qui cogne dehors. La messe commence, portant des odeurs de platanes et de cierges. Comme celle de mon enfance. Même lieu, perspective différente : l'impression que les prêtres sont plus petits me colle à l’esprit.
La petite lanterne rouge se balançant au bout d'une chaîne en fer n'a pas bougé. Il est là. En même temps, Il n'est pas sensé partir. Je scrute le visage des anciens, espérant reconnaitre le père d'un ancien camarade de classe. Les lectures s'enchainent. Les quelques piliers font pâle figure à côté des troncs de pierre des églises parisiennes. Mais dans ce repère à la vingtaine de bancs niché au creux des montagnes, la Présence de Dieu m'est tellement plus visible que dans ces bâtisses-cathédrales érigées aux fils des rues de la capitale.
On se lève, on s'assoit. Même la vieille dame devant moi, qui prend appui sur les chaises pour ne pas avoir recourt à ses béquilles. Puis le curé déclare : « Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous. » Nous répondons, plus ou moins d'une même voix, « Et avec votre esprit ». Et puis… rien. Silence. Personne ne bouge. Personne ne se regarde.
Tout s'enchaîne : pain rompu, Agnus Dei chanté, hosties distribuées, les derniers rangs en premier et ainsi de suite, dans l'ordre. Musique, paroles, re-musique, re-paroles. Je reste sur ma faim. Cette assemblée me paraît d'un coup étrangère, comme si elle venait de me poser un lapin : mais où est passé le geste de paix ? Ce petit moment délicat où l'on ne sait pas trop vers qui se tourner, où l'on cherche à ne mettre personne dans le vent, où l’on fait style que l’on ne vient pas d’en prendre un, où la gente féminine ne sait pas exactement si elle doit faire la bise ou tendre la main à sa voisine, où l'on sourit à son voisin qui aura été, une fraction de seconde, aussi proche qu'un proche. Je suis repartie avec mon petit bout de paix à fleur de peau. Frustrée.
Photo par woueb
vendredi 3 juin 2011
Ta grand-mère en string
Elle avance doucement, à petit pas. Son arthrose la fait souffrir mais elle a mis ses nouvelles chaussures. Une semelle dernière génération pour ses pieds deuxième décennie du siècle précédent. Des lanières en cuir synthétique. Presque vraies. Un mariage entre la qualité et la modernité, lui a assuré la vendeuse au teint frais et aux effluves de bonbons.Son bas de contention fait son office alors qu'elle gravit les quelques marches du parvis. Quelle idée d'avoir gardé ces garnitures d'un ancien temps quand une passerelle lui serait tellement plus facile. La porte est ouverte, elle entre dans la pénombre. Un bref rayon de lumière frappe ses bijoux. Le bracelet de sa grand-mère qui a traversé les âges. Il est même plus vieux qu'elle. Une série de colliers assortis à ses boucles d'oreilles. Dans sa jeunesse, toutes les demoiselles avaient les oreilles percées pour arborer les ressources de la famille aux soirées mondaines. Ces soirées ne sont plus guère animées de monde, sauf celle qu'elle vient passer ici.
Elle dépasse les rangées de bancs en bois, parfaitement non alignées. Elle réalise que son pull est de la même couleur que les chaises abimées et s'en veut de ne pas avoir choisi l'autre modèle, dans le catalogue Damart. Celui corail. A la mode. Qui aurait ajouté une touche de vie à sa garde-robe. Elle s'installe dans les premiers rangs, pose sa veste à côté d'elle.
Debout, immobile, elle sourit face au prêtre qui commence son affaire. 95 ans et elle n'a qu'un seul regret : ne pas pouvoir apercevoir la tête des paroissiens, derrière elle, qui ne peuvent manquer de remarquer sa lubie de la semaine, de l'année même. Un string qui se dessine aussi peu discrètement que possible en dessous de son pantalon. Dont le bord léopard dépasse en bas du dos. Comme les jeunes. D'abord.
Histoire vraie.
Illustration by © kief.be
jeudi 10 février 2011
Comment lutter pour toi contre un pays qui veut t'éjecter ?
J'aurai voulu commencer avec plein de beaux clichés. Une subtile comparaison. D'un côté, mon lit douillet dans un appartement chauffé ; de l'autre la pièce froide dans laquelle tu étais parqué. D'un côté, les sourires de mon quotidien ; de l'autre l'ambiance glaciale qui t'es tombé dessus. D'un côté, mes remords embourgeoisés ; de l'autre, ta douleur devant les policiers claquant les portes de la liberté sur les doigts.
J'aurai voulu faire sentir l'injustice qui m'a asphyxiée, en entendant que tu avais été repris après avoir échappé à l'horreur une première fois. Le dégoût qui s'est déversé dans mes toilettes, en pensant à ta solitude derrière des barreaux. La haine qui a noué mes tripes, en imaginant les personnes qui ont participé à faire de toi un animal en cage pendant plusieurs jours.
Finalement, je ne peux que parler de l'impuissance. Les bras ballants face à la nouvelle de ta capture avant expulsion. Comment lutter pour toi contre un pays qui veut t'éjecter ? Comment garder espoir quand un système judiciaire semble déterminé ? Comment arrêter de se faire du souci pour toi qui, pourtant, a croisé mes pas si peu de fois ? Je n'ai même pas osé jouer à la journaliste devant ton sourire voilé.
Finalement, tu es dehors aujourd'hui. Mais je sais que la vie qui t'attend ne sera jamais empreinte de la sérénité qui imprègne la mienne. Pour vivre libre, tu dois disparaître. Pour vivre heureux, tu dois vivre caché.
Photo : oNico®
lundi 27 décembre 2010
Joyeux Noël Papy
Tu as dû nous voir. Tu ne pouvais pas nous rater. Même le prêtre nous est tombé dessus : au milieu de l'allée, nous chantions à tue-tête la venue de l'enfant quand, à la fin de la messe, il descendait vers les portes.
Tu as dû nous voir. Tu ne pouvais pas nous rater. Le jeune en col romain et aube blanche a souri à Mamy, entourée comme une reine d'une tribu de petites filles.
Tu as dû nous voir. Tu ne pouvais pas nous rater. Nous étions sur notre trente-et-un en ce vingt-quatre. Pas exactement les mêmes beaux habits que pour ton dernier voyage mais quelques traces de maquillage coulant en commun.
Tu as dû nous voir. Tu ne pouvais pas nous rater. Nous t'aurions bien glisser quelques mots mais nous ne savons pas toujours comment.
Tu as dû nous voir. Tu ne pouvais pas nous rater. Nous, on ne t'a pas vu, pas senti, pas entendu. Nous, on t'a imaginé, pensé, prié.
Tu as dû nous voir. Tu ne pouvais pas nous rater. Un soir plus exceptionnel pour nous que pour toi : là-haut, Jésus en cadeau, c'est tous les jours.
Tu as dû nous voir. Tu ne pouvais pas nous rater. Alors, tu as dû comprendre le message : tape la bise à Marie de notre part, embrasse son Fils et salue le Père. Joyeux Noël, grand-père !
lundi 13 décembre 2010
N° 117 90X
J'avais déjà des Vans et elles ont marché sur un numéro du fanzine du bahut, un matin d'octobre. Quand tu écrases une couverture de journal aux images psychédéliques dans les tons roses et au titre bizarre, deux choix s'offrent à toi : passer ton chemin, un autre se baissera bien pour le ramasser et lui montrer sa dernière demeure, une boîte rectangulaire kaki installée devant la porte vitrée ; ou risquer le lumbago - si si on est fragile à dix-sept ans - et faire le boulot toi-même. Et si ton regard s'attarde, c'est une autre menace qui pèse : enchaîner les phrases d'une page à l'autre. Hypnotisée.
J'avais déjà des Vans et je voulais faire le tour du monde avec. Gravir les cols alpins, rencontrer des indiens d'Amazonie, visiter les catacombes de Jérusalem, rentrer tard un soir de nouvel an chinois à Shanghai, gratter le dos d'un phoque sur la banquise. J'avais déjà des Vans et je voulais leur en faire voir de toutes les couleurs. Etre astronaute, archéologue, professeur d'anglais, informaticienne, bibliothécaire, libraire, pharmacienne, psychologue, économiste, philosophe, diplomate, attachée de presse, haut-gradée dans l'armée. Ah non, tiens, ce métier-là ne m'a jamais rien dit. Et c'est le travail d'un vieux (bon, d'accord, expérimenté alors) professeur qui m'a mis sur la voie : le meilleur moyen de côtoyer tous ces univers étaient d'en parler.
J'avais déjà des Vans et je les ai traînées avec la boule aux ventres jusqu'à la "rédaction". Une salle de classe aux contours à la Picasso, un bordel sans nom, des éditions vieilles de trois ans entassées, des autocollants vantant un numéro sur la chute du mur de Berlin (non mais sans blague) et des stylos mordillés dans chaque recoin. Un petit paradis pour esprit perdu cherchant mots à se mettre sous la dent. Et derrière la porte violette : un capitaine de navire loufoque, aux larges lunettes et aux éclats de rire soudain, qui t'accueille à coup d'accent et de feuilles blanches à raturer.
Je n'ai plus de Vans depuis un an (oui, c'est vrai, j'ai un peu tiré sur cette mode dépassée) mais j'ai toujours au fond de mon armoire des numéros de Gérérik (avec le K à l'envers). Ils portent en eux mes premières litotes, métaphores et autres figures de style avec lequel on jongle quand on n'est pas habile de ses mains. Ils portent en eux mes premières phrases, confessions, et autres histoires qui méritent d'être sorties à dix-sept ans plutôt qu'à quarante. Ils portent en eux cette signature qui a traîné aux bas de quelques autres pages depuis. Il portent en eux… tout un monde, n'est-ce pas R. ?
Je n'ai plus de Vans depuis un an mais j'ai une carte laminée avec mon nom dessus et un numéro. Le saint Graal dont je rêvais à l'époque. Qui n'aurait jamais été si précieux sans ces bouts de papier relié, épargnés par mes Vans, il y a bientôt dix ans.
Découvrez la relève de mes années lycées sur genephile.wordpress.com
dimanche 7 novembre 2010
Une Autre Messe
Pour les chrétiens d'Orient, je pourrais signer des centaines de pétitions. Je pourrais argumenter quotidiennement sur des sites, blogs ou plates-formes. Je pourrais laisser trainer des commentaires enflammés à la suite d'articles. Mais j'ai préféré aller voir leur liturgie, héritée des premiers chrétiens ; entendre leurs chants, entonnés dans la langue du Christ ; goûter la communion avec eux.
Toi qui lis ces lignes, tu aurais pu ne pas suivre le lien qui t'a amené. Toi qui tombes par hasard chez moi, tu aurais pu fermer la fenêtre au bout du troisième mot. Toi qui as subi mes pérégrinations gazouillantes, tu aurais pu m'effacer de ta time-line.
Mais si un seul d'entre vous a été touché, comme je l'ai été, je n'ai pas perdu ma journée. Je te l'offre.
Live-tweet d'une messe pas comme les autres, #uneAutreMesse.
10h03. En route vers le 5e arrondissement parisien pour partager la messe de la communauté catholique syriaque.
Pourquoi maintenant ? Parce qu’on les tue, ces chrétiens d’Orient.
Parce qu’en Irak, depuis lundi dernier, un crucifix est devenu une cible « légitime » pour l’islamiste.
Parce que l’être humain derrière ce crucifix risque sa vie alors qu’il y habite depuis plusieurs génération. Quelque 2000 ans.
Sur la situation actuelle de ces chrétiens d’Orient, @koztoujours enfile si bien les perles du Net.
Plutôt que signer des pétitions, crier c’est horrible en statut, flooder ça craint en 140s, je préfère aller voir et te raconter.
Le 5e donc, quartier plein d’églises d'Orient, comme je te le disais déjà dans cette mini-enquête.
Ces catholiques de rites orientaux sont entièrement rattachés à l'Église catholique universelle et reconnaissent le pape.
«Église syriaque», où je vais, ne veut pas dire fidèles qui viennent de Syrie mais église pratiquant le rite syriaque.
Cette Église, la plus petite du Proche-Orient, rassemble 100 000 fidèles dans le monde. Un peu moins après l’attentat…
Pour mieux comprendre toutes les églises d’Orient, Nicolas Senèze est un crack.
Pour mieux comprendre l’église syriaque catholique, Wikipédia s’en sort bien.
Nota-Bene : en Irak, il y a eux, et aussi des Chaldéens catholiques . C’est pas les mêmes, mais ils se font tuer pareil.
L'église Saint Ephrem se remplit peu à peu.
Si tu veux voir la réalité des chrétiens d’Irak en face, lis Sébastien de Courtois. Quelques extraits…
Superbe iconostase en bronze dans cette chapelle http://bit.ly/c0H6VC
Ici, deux cent familles arrivées entre 1960-1990 pratiquent leur foi tous les dimanches.
J’ai mon livret pour les francophones. Je ne serai pas totalement perdue \o/ http://bit.ly/c8qxlQ
On rajoute des chaises. Une centaine de personnes se pressent. (Ndla : ils seront près de trois cent finalement)
Suspendue à une des ouvertures de l'iconostase, une lumière rouge, la présence divine.
Trop de monde. On s'entasse au fond. Joli soutien pour cette messe en l'honneur des chrétiens d'Irak morts la semaine dernière.
Les chants commencent. En syriaque, un dialecte de l’araméen, la langue du Christ.
Encensement des offrandes, un nuage envahit la petite chapelle qui chante.
Les clochettes sonnent au rythme des hymnes. Se taisent pour la lecture de la lettre de St. Paul... En français.
Les voix du prêtre et des diacres, cristallines, guident l'assemblée. Pas d'instrument, seulement les clochettes.
Porte ouverte, fidèles jusque sur le seuil de la chapelle. Impressionnant.
Lecture de l'Evangile en araméen d'abord, puis en français. Une communion intense. Je n'ai pas de mot pour cette ambiance-là.
"Nous sommes si nombreux aujourd’hui car nous sommes en communion avec les chrétiens d'Irak", Mgr Bressolette, vicaire épiscopal en charge des églises d'orient de Paris.
Mgr Bressolette appelle tous les catholiques latins à entrer en communion avec les chrétiens d'orient.
"La foi et la lumière du Christ nous sont venues d'orient" insiste-t-il.
Le père Warde, prêtre de la communauté syriaque catholique, commence son homélie.
"Dire des paroles de sympathie, de solidarité n'est rien. Nous devons passer de la parole à l'action."
"On ne peut pas subir sans rien dire. C'est l'ignorance qui pousse au fanatisme", le père Warde parle avec ses tripes.
"Ces terroristes, j'ai pitié pour eux", renchérit-il.
"Ces gens n'ont pas le courage de lever la tête vers dieu, comme Jésus l'a fait sur la croix."
"Quelles que soient nos religions, nous sommes les fils de Dieu, pas les esclaves de Dieu."
Cri du cœur du père Warde : "Pourquoi les autorités irakiennes ont elles enlevé les gardes protégeant l'église deux jours avant l’attentat ?"
"Vous, les pays puissants, luttant par la voix pour les droits de l'homme, passez donc aux actes !"
"Nous ne demandons que la sécurité, protéger les lieux de culte ne couterait pas grand chose. »
"Nous croyons tous en un même dieu", finit le père Warde, passionné, meurtri, applaudi a la fin de son homélie très politique.
La paix du christ est transmise de mains en mains. Jointes, elles enserrent celles du voisin qui transmet ensuite ce qu'il a reçu.
Diacres tournés vers l'autel, prêtre face aux fidèles, mains en l'air. "Nous rendons grâce au Seigneur" en arabe.
Consécration en araméen. Cela fait bizarre d'imaginer les disciples de Jésus prononçant les mêmes mots...
"Lokhou msabhinan", nous te louons.
Prière pour les blessés qui arrivent demain en France. Amin.
Prêtre et diacres chantent en donnant la communion. Les regards des fidèles se croisent. Sourires dans la communion.
"Nos martyrs ne sont pas morts, mais vivants auprès de Dieu", clôt le père Warde.
Ma voisine : "Vous avez raconté la messe à quelqu'un qui ne pouvait pas venir avec votre téléphone ? C'est bien, il faut en parler pour les aider. »
Victor, diacre qui s'active à servir le café, a perdu son cousin dimanche dernier, l'un des prêtres assassiné lors de l’attentat.
"Trois cent personnes environ, c'est bien mais peu face à l'ampleur de la situation là-bas", dit-il.
#UneAutreMesse c'est fini pour moi. Mais pour les chrétiens d'Irak et d'orient, rien ne s'arrête pas...
vendredi 22 octobre 2010
Ta société est en carton-pâte

A lire en écoutant "Les loups sont entrés dans Paris", de Serge Regianni
Depuis plusieurs semaines, les pancartes fendent les airs, les draps taggués claquent au vent et les slogans se mêlent à la brise. Les marées humaines montent et descendent les avenues. Talons, baskets, mocassins. Vieux d'abord, presque retraités ensuite, et la jeunesse a suivi. Toute ? Non, une part qui se retrouve une fois de plus entre deux âges (ni trop jeune ni trop installé dans la vie active), entre deux catégories (plus de 25 ans, moins d'un enfant), entre deux privilèges (presqu'un salaire, pas encore un poste), zieutent la rue sans savoir où poser les pieds. Moi y compris.
Je ne manifesterai pas, parce que je ne peux pas. Liberté légale, protection du droit de grève, capacité physique à arpenter le pavé : tout est là et pourtant, je ne me résous pas à poser ma plume pour laisser le poids de ma charge de travail à mon voisin d'openspace. Je ne finirai pas mes vieux jours dans ce bureau mais tant que j'y suis, je ne peux pas faire les choses à moitié.
Je ne manifesterai pas, mais j'ai peur de ne penser qu'au présent en renonçant à un combat qui hypothèque mon futur. Je veux croire que les batailles qui égrainent l'histoire passée sont autant de témoins que le changement n'est pas une chimère. Ne serai-je pas en train de rater un tournant en me focalisant sur mon train-train quotidien ? Ne serai-je pas à côté des enjeux de société dont je devrais subir les conséquences une fois le rendez-vous social fini ?
Je ne manifesterai pas, mais je rêve de ressembler à ces gens qui prennent position et posent sans concession les fruits de leur réflexion en acte. Bien sûr, les caméras, micros et stylo-bic ne saisissent que des bribes de leur engagement, jouant à dénicher la phrase chic quand leurs interlocuteurs cherchent la formulation choc. Mais entre deux chants plus ou moins révolutionnaires, en mouvement, ou entre deux bières, attablés, leurs logiques se délient. Quel que soit le cheminement qu'ils exposent, bancal, béton ou branlant, ils y croient. Droit dans leurs bottes, le regard sûr, ils montent au créneau et osent dire "J'ai choisi ce camp-là et j'irai jusqu'au bout pour être entendu".
Je ne manifesterai pas, mais j'aimerai être animée d'une telle conviction. Le genre de celle qui ne se manifeste pas seulement sur un banc d'église ou au rythme d'un gospel. Le genre de celle qui peint à la sanguine les contours d'une société écorchée. Vivante, palpitante, fragile. Le genre de celle pour laquelle on affronte les regards indifférents, agacés, dédaigneux ou haineux sans sourciller. Le genre de celle qui fait oublier que l'on ne fait que participer à une vague foule ressemblant à une sortie au parc sur bitume. Le genre de celle qui gomment la culpabilité de pourrir la journée des autres. Le genre de celle qui donne l'impression d'avoir posé un grain de sable sur la plage en construction.
Je ne manifesterai pas, parce qu'au fond de mes tripes, à fleur de synapses, je n'y crois pas. La révolution n'aura lieu ni ce soir ni demain, les citoyens éclairés emmenant les masses vers une société meilleure sont une utopie, la rue ne peut pas changer la direction prise par cette société déglinguée dans laquelle je ne trouve pas ma place. Mon mécontentement ou ma satisfaction passe par l'expression de mes traits. Ils ne se traduisent pas par une ligne sur une liste syndicale, une signature sur une pétition ou une carte de parti.
Je ne manifesterai pas, et pourtant j'irai bien hurler sous les fenêtres de deux trois décideurs pour les réveiller. Leur passer les lunettes qui masquent ma vision, les échanger contre le bandeau sombre délicatement posé sur leur nez. Qu'ils voient la peur qui ne me quitte jamais. Celle que mes petits frères s'écroulent un jour sous les coups d'un fasciste venu en découdre avec des colorés. Celle que ma meilleure amie traîne son arthrose sur les podiums des salles de gym jusqu'à 70 ans, sa jeunesse fanée. Celle que mes soeurs se retrouvent sous un pont, avec toutes ces personnes hors cadre, hors case, hors normalité, hors conformité. Celle que mes enfants naissent dans une société où règne la peur de l'autre, le rejet de la différence, le bruit des ventres affamés, le silence des objecteurs de conscience, le culte de la ferraille trébuchante... l'oubli de soi-même.
Je ne manifesterai pas parce que j'ai le cul entre deux opinions, écartant les cuisses en espérant que personne ne profite de ma faiblesse avouée. Incapable de bouger, inapte à me décider, mais loin d'arrêter de me torturer l'esprit.
mercredi 22 septembre 2010
samedi 11 septembre 2010
Bourrée d'amour pour toi, humanité de merde
Ecris en écoutant Keny Arkana, Ils ont peur de la liberté
Comme disait l'autre, on est tous le con de quelqu'un. Toi, tu es le mien.
Toi, avec ta Bible. Prisonnière de tes doigts crispés, brandie en l'air, vers le ciel. Comme si des ailes allaient pousser de ton cul pour prouver ta plus grande Sainteté.
Toi, avec tes Dix Commandements. Et le poids de ton Histoire. Que tu dégaines aussi vite que ton fusil. Sans jamais laisser sortir un mot simple de ta gorge nouée par la peur de l'Autre. Souillant la première de tes חוקים.
Toi, avec ton Coran. Simple fidèle ou imam respecté des tiens, tu persistes à te taire et te caches quand tes frères devant le Très-Haut justifient l'explosion de leurs tripes au cœur d'une foule anonyme. Déformant le nom de ton الله
Toi, avec ta Constitution. Mise sous verre, accrochée au mur. Pas une ride, contrairement à ton visage ravagé. Pas une tache, contrairement à ce crachat qui s'échappe dès que tu ouvres la bouche. Une vraie douche à mes yeux, obligée de t'écouter vociférer haut et fort.
Toi, avec tes Droits de l'Homme. Que tu ressors du tiroir quand tu en as besoin, tous les 36 du mois. Tu te bornes à ne pas voir plus loin que les mots, à idéaliser ses belles tournures pour les gueuler sur commande. Selon ton bon vouloir. Faudrait pas qu'ils viennent emmerder ta routine.
Toi, avec tes colonnes de chiffres. Que tu plaques sur le monde. Je ne rentrerai pas dans tes cases, tes grilles de pensée et d'analyse. Je les fausse à dessein. Parce que brouiller les pistes, te pourrir quand tu dis des conneries en mon nom, est mon ultime liberté.
C'est plus compliqué ? Je m'en fous. Aujourd'hui, tu es mon con et je ne suis pas prête de t'inviter à dîner. Vous pullulez et je n'aime pas les banquets. Je boirai seule à notre perte. Une coupe de larmes amères. Jusqu'à la lie. A finir bourrée. Bourrée d'amour pour toi, humanité de merde.
jeudi 29 juillet 2010
Un petit Jésus en plastique peut tout changer
Une seconde. Des pare-chocs qui s'entrechoquent, des feuilles de tôles qui se froissent, des morceaux de ferrailles qui volent. Une seconde. Le genre qui arrive plus d'un million de fois par an dans le monde, plus d'une centaine de milliers de fois par an en France. Une seconde. Ton père écoutait RCF quelque centaines de kilomètres plus bas. Ta mère écoutait des parents parler de la maladie de leur enfant. Ta sœur écoutait les voix des touristes raisonner dans une sainte chapelle.
Une seconde. Tu rétrogrades, le camion détruit l'arrière de boubouse, tu braques et te glisses sur la voie d'urgence. Une seconde. Tu perds connaissance, un tweety jaune en peluche tombe à terre, les ressorts en dessous du Petit Jésus en plastique rebondissent comme jamais.
Une seconde. On t'aide à sortir, on vérifie tes signes vitaux, on t'installe dans une civière. Une seconde. Tu appelles ta mère, tu embrasses ton père, tu souris à ta sœur au bout de la ligne. Une seconde. J'imagine chacune d'elle, je vois celle où ton téléphone ne répond plus, j'entends le silence de ton absence. Ne meurs jamais, je te l'interdis. Et le Petit Jésus de plastique sur son ressort hoche la tête d'acquiescement.
jeudi 22 juillet 2010
Démoniaque. Et toi ?

Cheveux blanc rasés de près, il sourit doucement et ses rides se plissent. Les yeux assortis à son jean délavé, la chemise repassée. Impeccable. Le visage serein, il parle doucement. Il cherche un endroit bien particulier. Il croit se souvenir qu'il se situe dans le quartier. Elle lui indique où aller et tire une dernière latte sur sa cigarette. Quelques minutes plus tard, il sort avec la nouvelle adresse de l'exorciste sur une feuille blanche. Comme s'il venait de retirer une banale lettre à La Poste. En poussant la porte qu'il vient de passer, Elle ne peut s'empêcher de se demander ce qui amène un homme à l'allure classique à chercher ce genre de service.
Elle passe devant les casiers du courrier, où figure son nom, salue sa collègue de travail et dépose sa bouteille de coca dans le mini-frigo. Sur la poignée qu'Elle agrippe, des symboles se battent en duel dans une plaque de fer. Combien de personnes ont fait le même geste qu'Elle, espérant trouver une solution, une rédemption, une nouvelle vie derrière ce bout de métal ?
De l'autre côté, un bénitier de la taille d'une main est incrusté dans le mur. Des poissons figés depuis toujours nagent au fond de la couche de poussière. Tous les matins, Elle leur jette un regard, lui rappelant que son bureau n'est pas seulement une salle aux murs beiges et aux lumières blanches. Combien de phalanges ont plongé pour les caresser, s'imprégnant de l'eau qui les entouraient encore ?
Dans ce lieu, pas étonnant que les questions surgissent, poussées par son imagination. Quand un tiroir bloqué s'ouvre inopinément. Quand une coupure de courant survient quelques secondes après qu'Elle se soit rappelée de sauvegarder. Combien de fois a-t-Elle levé les yeux sur le crépis piquant, se demandant à quoi ressemblait l'ancienne chapelle de l'exorciste avant d'être meublée de quelques ordinateurs, une centaine de livres et des journaux diocésains des vingt dernières années ?
Il n'y a pas si longtemps, Elle n'y croyait pas. Les esprits qui s'emparent de l'âme, une invention de Mamy. Des démons qui possèdent l'Homme, un résidu du Moyen-Age. Un grand Mal à combattre, une distorsion de la réalité infiniment plus compliquée. Elle qui adore pousser les détracteurs de Dieu vers leurs contradictions, Elle s'est retrouvée prise à son propre jeu : si le Bien existe, alors le Mal ne peut pas être absent. Comme le plein doit prendre de la place pour que le vide se créé autour. Comme la lumière a besoin de l'ombre pour exister. Sur les détails, le doute plane encore. A l'image des fantômes qu'il lui semble croiser quand Elle courre ajouter une correction à la mise en page, dans le bureau voisin... anciennement sacristie de l'exorciste.
Et pour éviter de tomber dans les fantasmes sur l'exorcisme, ne faites pas confiance à n'importe quelle page Internet : le Cyber Curé pose quelques bases de la réalité de ce domaine particulier.
mardi 29 juin 2010
Comme un oiseau sans voix
Ça commence généralement par "Je veux", "Donne moi", "J'aimerai" ; souvent des suppliques. Parfois, une demande de pardon ou un remerciement.
Prostrée, les mots ne se forment pas dans ta tête. Les yeux dans le vague, tu as l’impression de ne pas bouger depuis une éternité. Tous tes muscles tremblent pourtant. Tes épaules frissonnent, ton menton se contracte, ton poing se serre. Tu aimerais bien l’écraser contre le mur sur lequel tu t’es adossée. Alors que la mort plane sur ton quotidien, comment prier un Dieu qui enlève une plus innocente que toi ?
Et sous tes yeux en plus, le salaud. Tu ne veux rien dire à un monstre pareil, il ne mérite pas un mot de ta part. Une ordure inhumaine, il ne vaut même pas un regard. Un horrible Dieu, il peut se la mettre où tu penses sa prière.
Dans quelques heures, une poignée de jours, un mois peut-être, tu te rappelleras que l’ignorer est aussi une manière de lui parler. De le prier. Et Lui sera là, prêt à encaisser tes insultes, prêt à porter ta douleur. En silence, comme d’habitude.
Pour Lola. Photo: Stuck in Customs.
lundi 28 juin 2010
Ordinations Day : le Live-tweet d'un dépucelage céleste
Pour voir les photos en grand, cliquez dessus. Je change le format dès que j'ai une minute.
8h45: Bonjour et bienvenue à l'#ordinations Day ;)
Au fait, soyez indulgent car c'est un peu mon dépucelage aujourd'hui: première fois que j'assiste aux #ordinations...
9h: On ne voit pas encore la foule, on la devine. Comme on ne voit pas le Bon Dieu, on le devine :)
Une collègue: "Oh regardez, le car des ordinands arrive !"
Pas mal de Vietnamiens déjà présent, l'un des ordinands vient de la-bas.
Contribution : RT @baroquefatigue: Tenez, pour vous unir par la prière aux #ordinations, la prière à N-D du Sacerdoce de Mission thérésienne.
Devant moi, un curé sort son téléphone, un Android et tapote sur l'écran. High-tech le curé.
Un drapeau du Vatican se balade. Le retrouverez-vous ?
9h25 : Pour suivre les ordinations des nouveaux petits prêtres parisiens, ça se passera donc avec #ordinations et votre serviteuse.
Dans la chaleur de la matinée, cette contre-manif comme dit @edmondprochain s'annonce grandiose.
9h28: Un car de touristes asiatiques vient d'être lâché. Armés d'appareil photos, ils mitraillent.
9h30: Les cloches chantent sous le regard impassible des centaines de statues de la façade, accompagnées par l'orgue.
Il y a foule: 7 000 dehors, 3 000 dedans.
Les ordinands, qui seront prêtres à la fin de la journée, arrivent en procession, entourés de tous les prêtres du diocèse.
Les servants d'autel font un couloir au milieu du parvis, pour accueillir la procession. Oseront-ils la Ola? :)
"Jubilez, criez de joie" ça commence :)
Sur le parvis, les ordinands semblent un peu stressés. Pensez-vous, 10 000 paires d'yeux sur vous... Facile.
Thomas, Nicolas, Grégoire, Nathanaël, les 2 Thierry, Joseph, Luc et Sébastien portent la chasuble du diacre, en travers du torse.
Ils portent tous du rouge, qui symbolise l'Esprit Saint.
Le nonce apostolique, représentant du Vatican, est dans la place !
Mais laissez moi vous les présenter, presque intimement :)
Thomas de Boisgelin, bouillant de pouvoir « donner Dieu aux hommes ».
En fait, ça va beaucoup plus vite que ce que je pensais, je reviendrai sur les ordinands plus tard.
Chacun s'avance au milieu du parvis, accompagné de quelques membres de sa paroisse et de beaux étendards.
"Me voici", la réponse des futurs prêtres raisonne au pied des tours de la cathédrale.
Devant le parvis, ils attendent d'entrée, un peu comme une mariée qui avance vers l'autel.
"Nous les choisissons pour l'ordre des prêtres". Les fidèles les acclament en chantant.
Lecture de l'acte des Apôtres, Nouveau Testament.
Mignonne la lectrice, les mecs vous pouvez regretter de ne pas y être.
Les cathos sont une religion du Livre, mais un peuple de la Parole, c'est pourquoi à chaque messe, nous relisons publiquement la Bible.
Énoncer un texte de l'Ancien Testament et Nouveau Testament les rend vivant, tous les dimanches, tous les jours, à chaque mot.
Et pour les voisins, la grasse mat', c'est mort !
Évangile de St-Matthieu
Mgr Vingt-Trois prend la parole. L'homélie est un approfondissement de la Parole de Dieu, un éclairage pour les fidèles.
"Nous avons été frappé par le mal cette année, et nous demandons pardon pour celui qui a été fait" Mgr Vingt-trois.
"Notre réponse aux problèmes du monde n'est pas dans une stratégie de com, mais là, aujourd'hui sur ce parvis" Mgr Vingt-Trois.
"Nos communautés témoignent que la diversité, quelle qu'elle soit, n'est pas un danger" Mgr Vingt-trois.
"Dire qui est Jésus-Christ ne mène pas toujours à se faire des amis" Mgr Vingt-Trois. Vous êtes mes amis quand même, hein? :)
Peu de langue de buis dans cette homélie, mais gare: le cardinal appelle les cathos à être un flambeau. On va mettre le feu :)
De l'entrée de la cathédrale, l'archevêque André Vingt-Trois fait promettre les 9 ordinands. Oui, ils le veulent.
Contribution: RT @Lagouelle: "Que Dieu Lui-même achève en toi ce qu'Il a commencé."
Les yeux mouillants, ils promettent. Silence de cathédrale sur le parvis. Impressionnant.
Y'a du chef scout très mignon... Les filles, vous ratez quelque chose.
Contribution-réponse : RT @Jiibus : Tu m'as reconnu ? :)
Fail: les 3 journalistes de PND se sont levées pr rentrer en même temps que les prêtres. Pas très discret avec nos jupes...
Contribution : RT @JiiBus: La litanie des saints en direct de ND.
Insolite: des bougies pour Mickael dans un coin du parvis.
L'assemblée prie pour les ordinands, appelant la Vierge Marie et les Saints.
Ils ne se prosternent pas devant les Hommes, mais devant le Saint-Sacrement, une hostie qui représente la présence du Christ.
Contribution-débat théologique : cette formulation erronée a amené un petit échange bien animé entre @skeepy et @baroquefatigue. Retrouvez leurs remarques sur Twitter (ça commence par là et je ne suis pas trop arrivée à voir où ce "twittconcile sur la définition de la présence réelle" se finissait)
10h40 : Le presbyterium, l'ensemble des prêtres du diocèse, bénit les nouveaux venus dans leur grande famille.
40 minutes à genoux pour nos nouveaux prêtres.
J'en profite pour continuer les présentations.
Nicolas Chapellier, la vocation "carré, logique".
11h Contribution : RT@JiiBus: En complément du beau LT #ordinations de @lepetitchose à Notre Dame, je joins les photos, le presbyterium.
Grégoire Froissart, en quête d'absolu.
Nathanaël Garric, pris aux tripes.
Thierry Laurent, avocat de la cause de Dieu.
Thierry de Lesquen, changement de lunettes pour regarder la vie.
11h10 Contribution : Petite fierté, #ordinations est 4e des trending topics français. Certes, les adeptes de Twitter dormaient probablement encore...
Joseph Nam, outsider inside now.
Luc Revdel, le rôle de sa vie.
Sébastien Waeffler, en odeur de sainteté.
Pause clope sur le parvis, alors que l'Esprit souffle, que le soleil tape, et que les gamins courent dans tous les sens.
Sur le parvis, portraits des nouveaux prêtres de KTO sur grand écran. Ça en jette plus qu'un match de foot :)
Un petit vieux, en costard, billes de bois en mains, récite son chapelet sous le cagnard. Concentré.
Contribution: RT@JiiBus: Guy Gilbert à l'approche #ordinations
Insolite: des joggers passent au milieu du parvis, tranquille, pénard. Devant 7 000 personnes en prière :)
Bénédiction sacerdotale, comme la bénédiction nuptiale mais pour les prêtres (je ne mets pas la photo déplorable que j'avais mise. Une honte.)
11h30 : L'archevêque remet une étole sacerdotale et une chasuble aux désormais prêtres.
Ces vêtements liturgiques, non pas un signe de supériorité ou de différence, doivent rappeler le poids de leur charge.
L'archevêque oint les mains des nouveaux prêtres de Saint Chrême, huile bénie pendant la messe chrismale.
Un signe de croix dans chaque paume. Trop loin pour une pic, si @jibus peut palier à mes défauts...
Il leur remet ensuite le pain sur une patène, assiette où seront posées les hosties. Le kit du curé quoi :)
Puis il leur remet le vin, mélangé à l'eau dans un calice. La suite du kit...
Ils peuvent maintenant célébrer la messe, au nom du Christ qui livre sa vie par amour pour les Hommes (tweet sponso par l'Esprit saint).
Servants de messe sortent, parapluie à la main. C'est pas qu'il pleut, c'est qu'on crève de chaud. Et pour repérer la communion.
Le parvis est noir de monde mais de toutes les couleurs. Recueillement maximum.
Le nonce bénit les offrandes, avec l'évêque vietnamien.
Des centaines de mains tendues pour bénir ce pain et ce vin, une concélébration gigantesque...
Des centaines de voix se mêlent, interrompues par quelques tintements de cloches. Sur le parvis, frisson face à tous ces croyants.
Une Eglise, des milliers de visages et de façon de prier.
A chaque messe, on se donne la paix. Et qu'après on ne vienne pas me dire que cette religion appelle à faire la guerre, bon dieu !
Une file de prêtres et de diacres file sur le parvis pour donner la communion.
On peut ne pas comprendre leur choix ou le désapprouver, mais il en faut pour faire l'engagement qu'ils viennent de prendre...
Sur cette petite île de la Cite, les oiseaux accompagnent les prières silencieuses et... Mickael Lonsdale sort d'une rangée.
Après la nourriture spirituelle, l'open pique-nique ouvert à tous dans le square derrière N-D ! Comment ça, chui gourmande? :)
12h30: après le pain de Dieu, c'est donc le pain des hommes qui arrive sur le parvis.
Levée de foulards multicouleurs presque spontanée. On n'a pas l'air con les bras en l'air, à presque 3 sur un plot.
Maintenant ils vont bénir ceux qui viennent à eux. Pour l'instant, ils sortent sous les hourras et la vague de foulards a pris !
Petite pause, il faut aussi que je travaille un peu pour gagner mon salaire quand même, parce que LT ça nourrit pas :)
13h10 : pique-nique sous les arbres, à l'ombre de la cathédrale, clapotis de la Seine, légère brise, premier coup de soleil chez moi...
Bataille d'eau, version concours de t-shirts mouillés #tentant. A coté, les prêtres bénissent toujours, dégoulinant de sueur.
La Fondation d'Auteuil a mis les petits plats dans grands. Succulent.
@polydamas_AIP est bien venu aujourd'hui à ND... à la fin de la messe, pour le buffet. C'est ça, les tradis :)
Contribution qui m'a fait rire : Vogelsong: Aujourd'hui suivez le livetweet de l'#ordinations avec @leptitchose et @jbroger à la Gaypride #twitter_rocks
Contribution divine : RT @ymobactus: @lepetitchose: tu connais pas le 13ème commandement "Le buzz tu ne feras pas" ? Bien joué pour les #ordinations ;o)
mercredi 16 juin 2010
Le cocon du papillon
Ecris en écoutant Y'avait Tant D'étoiles, Patricia Kaas (Spotify)
Elle enfile un t-shirt trop large et pose difficilement un pied devant l'autre. Après s'être cognée deux fois contre la petite table du salon, Elle décolle une paupière. Blottie entre les gros coussins rouge et jaune du canapé, Elle ramène ses jambes contre son torse et se laisse aller à la douceur du tissu. Le jus d'orange et les fraises embaument la pièce. Ses narines frissonnent. Elle serre ses bras autour d'Elle, les yeux mi-clos. Des voix échangent des banalités à quelques mètres. Douces, rassurantes, entrecoupées par les craquements du parquet. Un rayon de soleil tombe sur un coin de la salle à manger. Bols en porcelaine remplis de lait écrémé, croissants entamés et pain frais à moitié englouti... Petit déjeuner dévasté par les morfales de passage dans la maison familiale. Le tintillement des couverts est recouvert des rires qui s'envolent dans l'air du début de l'après-midi. Une mèche tombe négligemment sur son front. Une autre joue avec la gravité et se dresse sur sa touffe de cheveux en bataille. Son souffle ralentit. Une fossette apparaît au coin de sa bouche alors que ses muscles se décontractent. Patricia Kaas parle d'étoiles. Les toiles deviennent floues, les murs de chaux recouvertes de vernis oranger vacillent. Au creux du cocon, le temps suspend son cours, l'histoire ralentit sa course. Sereine, Elle disparaît.

